« Père, je crois que tous, toi, moi, mes frères, sommes dans l’erreur et nous fourvoyons ! »
Voilà, pense Ousios, le chef du village, nous y sommes ! Sur les injonctions fortes et persistantes de sa femme, il s’est résigné à emmener son fils avec lui en plaine, pour tenter de raisonner ce dernier, le persuader d’adopter à l’avenir un comportement moins excentrique, plus conforme aux habitudes des Donzes, mais l’entretien n’a pas commencé depuis cinq minutes, que déjà, et comme à l’ordinaire, Deng en a pris l’initiative, abordant de la manière qui lui convient les sujets qui lui conviennent. Résigné, le père écoute son rejeton, se disant qu’après tout, il trouvera peut-être par ce biais détourné, moyen de se faire écouter.
« Père, si nous ne faisons rien, nous les coureurs serons bientôt considérés comme bouches inutiles : c’est déjà ce qui se murmure dans certaines huttes de porteurs ; les porteurs ! Plus forts, plus puissants que les coureurs, hier, ils n’étaient rien ! Pas de course, pas de viande, et pas de viande, pas de vie pour les Donzes : les coureurs étaient des princes, et les porteurs, trop heureux de servir les dépouilles. Mais désormais, les cultures ont remplacé la cueillette ; on grignote la cueillette, dans l’attente de jours plus propices, on mange tout à sa faim avec la culture. Peu à peu, l’effort des coureurs devient inutile et ceux-ci passent de la gloire au mépris. Les maîtres, ce sont désormais les porteurs, même s’ils ne portent plus rien. Mais ils aident les femmes à construire les huttes, ils arrachent les grosses pierres dans les plantations, ils construisent des murets contre vents et animaux, et plus, ils font rouler des muscles énormes, donnant à croire aux femmes naïves qu’ils pourront se battre et les défendre, mieux que nous, en cas d’agression ennemie. Aux conseils, les coureurs, qui participent de moins en moins à l’approvisionnement en nourriture du village, sont de plus en plus priés de se taire, tandis que pérorent les porteurs, et qu’ils imposent toujours plus leurs volontés. Mais les porteurs ne sont pas des princes, et ils conduisent les Donzes vers des chemins qui ne sont pas les leurs, où ils sont en train de perdre leur sauvage amour de la liberté ! » Ousios écoute avec plus que de la patience, avec intérêt : certes, guide de ce village, il ne sait que trop bien tout cela, mais il ne peut s’empêcher d’admirer comment son cadet l’exprime avec autant de clarté.
« Je ne dis pas que tout cela ne soit pas vrai, mon fils. Mais dénoncer n’est pas corriger : qu’as-tu à proposer ?
– Nos loups, Père, nos loups choisis ! Il nous faut éduquer autrement nos loups choisis !
– Je ne vois pas ce que nos loups ont à voir ici.
– Tout vient d’eux pourtant, et c’est de notre faute : nous les avons éduqués, choisis, sélectionnés pour être des chasseurs, des limiers, qui ne perdent jamais la trace. Cela, ils le font de manière extraordinaire et sans doute mieux qu’aucune autre meute dans les autres villages. Malheureusement, ils ne savent faire que cela, et nous les coureurs, avons besoin d’autres qualités aujourd’hui. »
Maintenant, Ousios est réellement intrigué.
« Explique-moi, mon fils.
– Tu me l’as dit toi-même, Père, beaucoup de loups sauvages ne se contentent pas de forcer le gibier. Quelques-uns s’organisent autrement ; certains parmi eux cernent les troupeaux, puis les guident où ils veulent, vers des comparses placés en embuscade, prêts à s’abattre ensemble sur l’un ou l’autre, ou encore vers des gorges sans échappatoire, ou à l’aplomb de falaises, où les plus sots et les plus effrayés des animaux vont se précipiter : ne reste plus à la meute qu’à contourner la falaise pour se gorger de viande, sans autre combat.
– Oui, c’est exact, beaucoup de loups savent faire cela, mais où veux-tu en venir ?
– Il nous faut éduquer quelques-uns de nos loups, Père ! Avec eux nous irons dans la plaine ; nous cernerons un troupeau que nous guiderons peu à peu vers le village, cerfs, bisons, bœufs, qu’importe ! Ou même des chevaux, mais les chevaux sont peut-être trop fougueux… Avec l’aide de nos loups, nous contraindrons le troupeau à pâturer aux lisières du village ; parfois, nous rabattrons les animaux vers une rangée d’hommes embusqués, pourquoi pas des porteurs, il faudra bien les utiliser à quelque chose, qui abattront quelques-uns d’entre eux ; nous pourrons aussi construire des espaces comme de grandes nasses, faits de pierres, de bois et de cordes de lianes, où le troupeau se trouvera piégé ; finies les chasses vaines, finies les disettes de bonne viande rouge, finis les ricanements des porteurs, les coureurs auront recouvert leur fierté.
– Mais contraindre le troupeau d’animaux sauvages à pâturer où nous voudrons ne sera pas si facile, Deng ! Les loups vont s’y épuiser !
– Et nous aussi, du moins au début, mais nous laisserons les sujets les plus rétifs s’écarter ; les autres, peu à peu, s’habitueront à nous. En quelques générations, c’est certain, ils deviendront familiers ; mieux, il n’est pas impossible qu’ils ne finissent par rechercher notre présence, comme le font aujourd’hui les loups choisis, quand ils verront que d’une certaine façon, nous les protégeons des autres prédateurs.
– Je vais te le dire franchement, Deng, ton idée m’avait déjà un peu trotté dans la tête ; et j’ai essayé d’éduquer quelques-uns de nos loups à devenir des loups guides plutôt que des pisteurs. Je n’y ai pas réussi, je crois qu’ils n’ont pas cela dans le sang.
– Alors nous en capturerons d’autres que nous choisirons parmi des meutes chez lesquelles nous aurons observé ce comportement.
– Le père de Louve grise faisait cela de manière tout à fait habituelle…, dit pensivement Ousios, je l’ai plusieurs fois vu agir de la sorte. Il est tout à fait vraisemblable que ses enfants aient hérité de cette capacité.
– Le père de Louve grise ? Tu connais le père de Louve grise ?
– Bien sûr », répond Ousios un peu sèchement, montrant qu’il n’entend pas à présent s’étendre sur le sujet. Deng, enthousiaste, reprend :
« Cela nous ferait quatre loups guides pour commencer et nous permettrait sans doute de tenir rassemblées au moins quelques bêtes.
– D’autant que nos loups, ou tout au moins certains d’entre eux, entraînés par l’exemple, comprenant ce que l’on attend maintenant d’eux, finiront par se mettre de la partie.
– Il faudra commencer l’éducation des louveteaux le plus rapidement possible !
– Non, il faudra d’abord leur laisser gagner un peu d’âge ; quel qu’il soit, leur instinct ne se révélera pas sérieusement avant leur douzième, voire leur dix-huitième lune. Dans l’attente, à nous de développer leur capacité, et la nôtre à les comprendre et nous faire comprendre d’eux. »
Le père et le fils restent silencieux, l’esprit grisé de leurs nouveaux projets. Après quelques instants, Deng reprend :
« Père, quatre loups, ce ne sera pas assez ; et puis, pouvons-nous sérieusement attendre aussi longtemps ? Il nous faut chercher d’autres animaux.
– Mais comment s’y prendre, Deng ?
– J’ai mon idée là-dessus, peut-être pourrions-nous visiter d’autres tribus ? Nous ne sommes certainement pas les seuls dans notre situation, il y a sûrement des peuples qui ont déjà réussi l’éducation de loups guides !
– Ah, Deng, toujours cette rage qui te ronge d’aller de par le monde ! J’étais un peu comme toi à ton âge. Mais quand comprendras-tu qu’à quitter la protection du village, ce que l’on a le plus de chances de rencontrer, c’est la mort !
– Mais rester, Père, n’est-ce pas une mort, peut-être moins rapide, mais plus certaine encore ?
– Deng, Deng, mon fils, tu vas désespérer ta mère ! »
Deng répond dans un éclat de rire : « Comment cela Père ? En restant au village ou en le quittant ? » Ousios sourit à son tour ; pensivement, ils reprennent le chemin vers les huttes.
« Tu devrais rencontrer Cheng et lui présenter tes idées, c’est un homme sage et de bon conseil.
– Tu crois qu’il m’écouterait ?
– J’en suis certain et, tu le verras, l’avenir des Donzes l’inquiète lui aussi.
– Alors, j’irai le voir, Père, dès demain ! »
Le père et le fils marchent quelques instants, tous deux noyés dans leurs pensées. Puis soudain, avec une sorte d’ardeur, Deng interroge :
« Père, je t’en supplie, parle-moi d’eux, parle-moi du peuple de la mer ! Je suis sûr que tu es allé chez eux.
– Deng ! Comment oses-tu ? Les gens de la mer sont des êtres maudits, et tout Donze qui s’approcherait trop près de ces méprisables serait sûr de mourir !
– Cela, père, c’est ce que dit le sorcier, pour mieux nous attacher à nos peurs et à nos pierres. Tu es allé chez eux, père, et tu es bien vivant !
– Si j’avais fréquenté le peuple de la mer, une semaine, un jour, une heure, je serais mort à présent, maudit parmi les Donzes !
– Maudit parmi les Donzes peut-être, mais mort… ? »
Ils arrivent au village, ce qui met naturellement fin à leur conversation et aux questions pressantes de Deng. Plus tard, dans la soirée, Rassia prend à part son mari :
« Alors, tu as pu parler à notre fils ? Tu as pu lui faire entendre raison ?
– Je crois bien que oui ! répond Ousios de la voix la plus rassurante qu’il puisse imiter. Nous avons beaucoup parlé, et je crois que cette fois, nous nous sommes compris.
– Alors le pire est à craindre ! », dit Rassia, sans aménité, et plus jamais, elle n’abordera ce sujet.
Le lendemain matin, Deng rend visite à Cheng.
Celui-ci se tient sur le pas de sa porte, comme si, prévenu de l’arrivée de l’adolescent, il l’attendait. Ils s’asseyent devant la hutte du vieillard, qui prête une oreille plus qu’attentive aux propos du jeune homme.
« Ce ne serait pas la première fois, figure-toi, que des humains utilisent la capacité de certains prédateurs à s’organiser pour orienter la course des troupeaux. Des loups, mais aussi des hyènes, ont ainsi rabattu de gros animaux vers des pièges. D’ailleurs, on m’a dit que le peuple de la mer s’organise parfois avec des animaux marins, qu’il appelle des dauphins, pour envoyer le poisson au fond de certaines baies. Moi aussi, je suis persuadé que l’on pourrait utiliser des loups pour garder en quelque sorte à disposition des troupeaux. Cependant, à la longue, cela créera une difficulté qu’il faudra résoudre. Si comme tu le dis, et je le pense aussi, les troupeaux ainsi sélectionnés s’habituent trop à nous, ils deviendront un objet de convoitise, pour les prédateurs sauvages d’une part, mais surtout pour d’autres tribus ; cela augmentera encore les risques pour le village de se voir attaqué et pillé. C’est pourquoi je pense qu’il sera plus sage de faire pâturer le troupeau qu’on aura ainsi créé, à un ou plusieurs jours de marche. Les coureurs qui guideront les loups et veilleront sur les bêtes auront une vie rude ; il leur faudra imaginer des sortes de tours de garde, et ils devront être en nombre suffisant. Mais pourquoi pas ? Rien de tout cela n’est insurmontable, c’est certain. »
Les deux interlocuteurs se taisent, perdus dans leurs pensées. Cheng est profondément perplexe ; certes, il revient assez naturellement à Nam, fils aîné d’un chef de village incontestablement apprécié de tous, de prendre un jour la suite de son père, et certes Nam est un homme de grande valeur, pondéré, profondément dévoué et désintéressé, avec des qualités morales réellement exceptionnelles. Mais Nam saura-t-il conduire les Donzes, à cette époque de profonds changements entraînés par la sédentarisation, non seulement de la tribu, mais aussi des tribus voisines ? Cheng admire cette faculté d’anticipation chez Deng, qui n’hésite pas à remettre en question, s’il s’avère nécessaire, tabous, traditions, habitudes… Il s’entretient parfois avec Ousios des qualités respectives de ses deux fils, mais l’opinion d’Ousios est arrêtée : il tient pour certain que son cadet n’éprouve aucune sorte d’attirance pour les fonctions de chef. Dommage, peut-être, pense Cheng…
Mis en confiance, Deng fait part à Cheng d’un projet de voyage en direction d’autres tribus. « C’est là une bonne idée, Deng, mais un tel voyage ne doit pas s’improviser ; le mieux est de ne pas l’envisager seul, mais dans le cadre d’une mission pour organiser des échanges, par exemple. Deng, le monde est ainsi fait que le destin le plus vraisemblable du voyageur solitaire est de se faire tuer, par quelque fauve affamé, s’il a pu par miracle échapper aux humains ! Dès que tu sors de notre territoire, Deng, tu as toutes les chances d’entrer sur celui d’une autre tribu, chez qui tu seras un intrus.
– Mais Cheng, c’est horrible ! Cela signifie que les tribus ont ainsi transformé le monde en autant de pièges ! Où est l’espace où l’homme libre peut aller comme bon lui semble ? »
Cheng rit : « Les endroits où personne ne veut aller… les montagnes gelées, les déserts brûlants, et… la grande mer, peut-être… »
Puis, sérieusement : « Ton idée de voyage est bonne, Deng, il faut seulement bien la préparer !
– Je veux encore évoquer un autre sujet avec toi, respecté Cheng, je voudrais que tu me parles de la mort du père de la Sauvagette ! »
Cheng se raidit : « Pourquoi veux-tu que je te parle de cela, Deng ? Bien entendu, le récit des frères Hong, qui l’ont accompagné lors de sa chasse mortelle, est un tissu de mensonges, mais pour autant, pourquoi auraient-ils voulu tuer cet homme ? Bien sûr, moi, et beaucoup d’autres, pensons que cette mort, d’une manière ou d’une autre, est liée à la disparition de la petite Hije, la sœur aînée de Sauvagette. Mais comment ? De quelle façon ? Pas le moindre indice !
– Moi, j’ai trouvé un indice, respecté Cheng ! »
Cheng est effrayé, il inspecte les alentours du regard, comme s’il voulait s’assurer que personne ne les a entendus. « Entrons dans ma hutte, ne parlons pas dehors ! » Ils entrent dans la hutte, dont ils poussent la porte.
La porte reste fermée de longs moments. La nuit tombe quand Deng prend congé du vieil homme. Passant devant la hutte de son frère Nam, il décide de les saluer, lui et sa femme ; mais Nam n’est pas rentré, et Oséa le reçoit avec sa gentillesse et sa chaleur habituelles.
« Si tu veux, Deng, je garderai ton loup ! »
Le souffle manque à Deng, que veut dire Oséa ?
« Oui, je garderai ton loup, jusqu’à ce qu’il approche de l’âge adulte et que tu puisses commencer son éducation.
– Je n’ai pas le droit de te donner ce souci ! répond Deng, rassuré.
– Mais ce n’est pas un souci, ton père m’a demandé de m’occuper des deux petites louves, et j’ai accepté bien sûr… alors deux ou trois, c’est pareil ! Et puis je m’organiserai avec ton amie la Sauvagette, nous ferons jouer toute la portée ensemble.
– La Sauvagette n’est pas mon amie », dit Deng, durement.
Oséa rit doucement. « Bien sûr qu’elle est ton amie, Deng, n’importe qui peut le voir !
– Non. Moi, je lui ai offert mon amitié, et peut-être plus encore, mais elle a tout jeté par terre, et elle a ri ! »
D’abord, Oséa ne dit rien, puis elle ramasse deux petits cailloux, s’agenouille sur le sol, et pose les cailloux devant elle, l’un à côté de l’autre.
« Celui-là, c’est le caillou Deng ; et l’autre, le caillou Sauvagine. »
Prenant le caillou Sauvagine, elle le pose devant le caillou Deng.
« Voilà, le caillou Deng est venu dire au caillou Sauvagine qu’il l’aime, qu’il l’aime comme un fou, et qu’il veut faire sa vie avec elle. »
Elle saisit le caillou Sauvagine et le retourne dans le sens horizontal.
« Le caillou Sauvagine aime aussi le caillou Deng, et elle aussi veut faire sa vie avec lui ; mais elle ne veut pas être le caillou qu’aime Deng, en ce moment ; elle veut que Deng l’aime, elle, comme elle est, et non comme le rêve de Deng ; alors, elle tourne le dos au caillou Deng.
– Et que fait alors le caillou Deng ? », demande Deng, d’une voix basse et sourde. Oséa prend le caillou Deng dans sa main et trace avec lui un grand cercle dans l’espace ; le cercle commence et s’achève à côté de l’autre caillou, qui cette fois ne bouge plus.
« Et voilà ; les deux cailloux se sont enfin reconnus !
– Et d’abord, comment sais-tu qu’elle s’appelle Sauvagine ?
– Mais parce que je l’ai toujours su, Deng, d’ailleurs tout le monde l’a toujours su ! »
Deng rentre chez ses parents et passe avec eux une soirée habituelle.
C’est sa mère, Rassia, qui le découvre la première, la paillasse de Deng est pliée et toutes ses affaires rangées ; mais il manque les armes légères, les sandales de course et celles de longue marche ; il manque aussi la gibecière et quelques vêtements de peau.
Deng est parti, avant que l’aube ne soit levée ; pour une heure, pour un jour ? Pour la vie ? Personne ne le sait.
« C’est de notre faute, Rassia, dit Ousios à sa femme, s’il nous avait fait part de ses projets, nous l’aurions retenu.
– Il faudra prévenir la Sauvagette, dit Horsus, après tout, c’est sa petite amie, elle a bien le droit de savoir. » Et il se propose pour cette course.
Il trouve la Sauvagette à la clairière ; elle joue avec Loup noir.
« Deng est parti à l’aube, dit Horsus, il ne faut pas pleurer ! »
La Sauvagette n’a pas entendu, elle joue toujours avec le loup. Si, elle a entendu, elle dit :
« À l’aube, je le savais, bonjour Horsus ; mais je ne pleure pas. Regarde, je ne pleure pas. » C’est vrai, la Sauvagette ne pleure pas et, mieux, fait à Horsus un merveilleux sourire. Mais deux larmes coulent doucement de ses yeux, le long de ses joues ; d’ailleurs, à partir de ce moment-là, quoiqu’elle fasse, tout le temps, nuit et jour, deux larmes vont couler, inlassablement, le long de ses deux joues.
Horsus est embarrassé, il ne sait que faire.
« Bon, je te salue. À bientôt, Sauvagette ! »
Sauvagette empoigne le grand garçon par les épaules et le secoue avec une fureur imprévue : « Sauvagine, je m’appelle Sauvagine, et je défends à quiconque de m’appeler désormais autrement ! Tu as entendu, Horsus, personne ne doit plus m’appeler que par mon nom, et mon nom, c’est Sauvagine. »
Horsus reprend le chemin de la hutte familiale et à toutes les personnes qu’il rencontre en chemin, il annonce que Deng est parti à l’aube, et que la Sauvagette s’appelle désormais Sauvagine.

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